Mathieu Lemay : enseignant au Collège MREX et co-président d’Immo Finance
Mathieu Lemay œuvre depuis plusieurs années dans le financement alternatif immobilier au Québec. Il accompagne investisseurs, promoteurs et partenaires dans des contextes où la flexibilité, la rigueur et la confiance jouent un rôle central.
À travers son rôle d’enseignant au Collège MREX, Mathieu partage une vision pragmatique de l’immobilier, axée sur la compréhension des cycles, la gestion du risque et l’importance de bâtir des relations solides et durables dans un marché en constante évolution.
Quand le financement devient un levier… et non une contrainte
Je me souviens d’un appel. Un client qui avait un projet solide sur papier. Mais bloqué. Pas à cause du marché. Pas à cause de l’immeuble. À cause de la structure de la transaction, qui ne permettait pas un financement adéquat pour la réaliser.
Et pourtant, ce projet-là a fini par se faire. Pas parce que le projet a changé, mais parce que la façon de le regarder a changé.
Le réflexe, dans plusieurs cas, est d’analyser les paramètres de la transaction, dont le financement, en silo. On regarde une option, puis une autre, sans toujours les intégrer dans une vision d’ensemble de la transaction.
Sur le terrain, c’est souvent là que ça se joue.
En revisitant la structure dans son ensemble et en modifiant son approche avec le vendeur, le client a réussi à intégrer une balance de vente à sa transaction.
Cette approche a permis de revoir le montage global et, ultimement, de rendre le financement possible. Ce n’est pas le projet qui a changé, c’est la façon de structurer le financement autour de celui-ci.
Peu importe le type de situation, projet encore en évolution, travaux moins conventionnels, besoin de financement rapide ou réalité qui ne rentre pas parfaitement dans les critères habituels : avant de lancer la serviette, assurez-vous d’avoir analysé les différents paramètres de votre transaction de façon intégrée afin de ne pas vous éliminer des possibilités.
Avec l’expérience, une nuance s’installe. Le financement n’est plus seulement une étape à franchir. Il devient une composante du projet, quelque chose qui s’intègre dans la réflexion globale, au même titre que le prix d’achat ou les travaux.
Sur papier, plusieurs projets peuvent se ressembler. Même type d’immeuble. Même chiffres. Mais sur le terrain, leur trajectoire peut être très différente, selon la capacité de l’investisseur immobilier à lire entre les lignes et à voir des options que d’autres ne voyaient pas.
Cette vision globale de la transaction peut faire la différence entre un projet qui se réalise… ou non.





