Nikolaï Ray : PDG du Collège MREX
Bâtir au milieu de la tempête
La plupart des gens ne construiront jamais une grande entreprise ou plutót l'entreprise qu'ils désire, ni n’atteindront les plus hauts sommets en immobilier ou les sommets auxquels ils aspirent, pour une raison très simple, très très simple.
Ils ont besoin d’être en contrôle, ne supportent pas la présence permanente du chaos. Ils espèrent que le succès sera propre.
Organisé. Linéaire. Prévisible.
Qu’il se laissera enfermer dans des tableurs.
Qu’il restera calme, stable, et arithmétique.
Mais la vraie vie ne fonctionne jamais comme ça.
Même dans les moments de plus grand succès, même quand tout semble parfaitement aligné, quand les chiffres sont beaux, quand la machine a l’air de ronronner, tu n’es toujours qu’à un seul événement du désordre.
Une variation de taux.
Un changement réglementaire.
Un partenaire.
Un procès.
Un accident.
Un choc macroéconomique.
Un problème de santé.
Une mauvaise année.
L’idée que la stabilité est quelque chose qu’on atteint puis qu’on possède est une illusion.
Real talk !
La stabilité est quelque chose que l’on navigue.
L’ordre est toujours temporaire. L’entropie travaille en permanence. Ce n’est pas du pessimisme. C’est simplement la structure même du réel.
Le bâtisseur mature ne nie pas cela. Il ne s’en cache pas. Il ne fait pas semblant.
Il l’accepte.
Il comprend que l’imperfection n’est pas un défaut du système. C’est le système.
Que la complexité n’est pas un problème. C’est le prix à payer pour construire quelque chose de réel, de durable, de vivant.
Que l’incertitude n’est pas un signe d’incompétence. C’est la condition normale de quiconque crée vraiment.
Le débutant veut des garanties.
L’amateur veut du contrôle.
Le professionnel veut des probabilités.
Le maître veut de la résilience.
Il n’y a rien de honteux à ce que les choses soient imparfaites, incomplètes, en mouvement.
Moi j'trouve qu'il y a quelque chose de dangereux à croire qu’elles ne devraient pas l’être.
Ceux qui bâtissent de grandes choses ne sont pas ceux qui éliminent le chaos.
Ce sont ceux qui apprennent à respirer dedans.
Qui apprennent à décider sans avoir toutes les informations.
Qui avancent alors que le brouillard est encore là.
Qui restent calmes quand le terrain bouge.
Qui jouent le jeu long dans un monde qui ne cesse jamais de changer.
Même au sommet. Même à grande échelle. Même à maturité.
Tu n’es jamais “arrivé”. Laisse ça entrer dans ton psyche.
Tu es seulement mieux équipé.
Le besoin de tout contrôler n’est pas une force. C’est un plafond. Il garde les gens petits, parce qu’il les pousse à ne tenter que ce qui peut être parfaitement planifié.
Mais les plus grandes choses ne peuvent pas être parfaitement planifiées. Elles peuvent seulement être construites, ajustées, corrigées, et endurées.
Créer, ce n’est pas de l’ingénierie.
C’est de la navigation.
Et puis, il y a une autre catégorie de personnes.
Ceux qui, au lieu de vouloir que la tempête cesse, apprennent à aimer la tempête.
Ceux qui ne demandent pas le calme avant d’avancer.
Ceux qui ne prient pas pour que la mer soit lisse.
Ceux qui, quand l’horizon devient noir et que le vent se lève, sourient.
Ceux qui rient dans l’ouragan comme des fous. F*ck yeahhhhh !
Ceux qui sentent leur sang s’accélérer, leur esprit s’aiguiser, leur cœur devenir fébrile.
Pas parce qu’ils sont inconscients.
Mais parce qu’ils sont vivants.
Parce qu’ils savent que c’est là que tout se joue.
Parce qu’ils savent que c’est là que les empires se bâtissent.
Parce qu’ils savent que le chaos n’est pas l’ennemi.
Le chaos...
Le chaos est l’arène. C'est la scène.
Et certains d’entre nous ne veulent pas seulement survivre dans l’arène.
Ils veulent y combattre.
Ils veulent y danser.
Ils veulent y bâtir.





