Audrey Girard : directrice générale du Collège MREX
L’investisseur immobilier du futur ne se limite plus à l’immobilier
Pendant longtemps, la stratégie semblait évidente : acheter des immeubles, les optimiser, refinancer… et recommencer. L’immobilier était le moteur principal de la création de richesse pour plusieurs investisseurs. Mais le contexte financier évolue rapidement, et avec lui la façon dont les institutions financières évaluent les dossiers de financement.
Aujourd’hui, les banques ne regardent plus uniquement la valeur des immeubles. Elles analysent désormais l’ensemble du portrait financier de l’investisseur : liquidités, placements, portefeuille boursier, structure patrimoniale et gestion du risque. Cette vision plus globale s’accentue dans un contexte où certaines règles se resserrent, notamment avec l’évolution de programmes comme l’APH Select de la SCHL.
Les institutions cherchent maintenant à financer des investisseurs dont la solidité financière repose sur un équilibre d’actifs, et non uniquement sur un portefeuille immobilier fortement levierisé.
Autrement dit, la richesse immobilière seule ne suffit plus toujours à rassurer un prêteur. Un investisseur qui possède aussi des actifs liquides ou des placements diversifiés peut apparaître comme plus résilient et mieux préparé aux cycles économiques.
La diversification n’est donc pas seulement une stratégie d’investissement : elle devient aussi un levier stratégique pour le financement.
Un autre élément gagne en importance : la réalité financière des partenaires.
Dans un projet immobilier, les institutions financières analyseront non seulement le projet et le promoteur principal, mais également la situation financière de l’ensemble des partenaires. Leur niveau d’endettement, leur liquidité, leurs actifs et leur gestion du risque feront partie de l’analyse.
Ainsi, un partenaire financièrement fragile peut parfois compliquer l’obtention d’un financement, même pour un projet solide. Il devient donc essentiel pour les investisseurs de développer une meilleure compréhension de la structure financière de leurs partenaires et de s’assurer que l’équipe possède collectivement une base financière saine.
Dans ce contexte, l’investisseur immobilier doit développer une compétence qui dépasse la simple acquisition d’immeubles : la maîtrise de l’ingénierie financière personnelle et patrimoniale.
C’est précisément dans cette optique que la nouvelle mouture du Certificat Maître en ingénierie financière abordera ces enjeux en profondeur. Les participants y exploreront notamment la solidité financière des investisseurs, l’importance des états financiers et de la comptabilité, la diversification des actifs, la gestion du risque, ainsi que des outils complémentaires comme les stratégies de placements et l’assurance vie.
Car aujourd’hui, la question que posent de plus en plus les institutions financières n’est plus seulement : Combien d’immeubles possédez-vous?
La véritable question devient plutôt : Quelle est la solidité globale de votre structure financière?
L’immobilier demeure un levier exceptionnel de création de richesse. Mais dans le contexte actuel, les investisseurs qui réussiront le mieux seront ceux qui sauront bâtir un patrimoine solide, diversifié et résilient.





