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Bénédicte Hurlet : terrain contaminé, pourquoi la Phase III peut vous faire économiser gros

Par Bénédicte Hurlet
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    Bénédicte Hurlet : cheffe de parcours CDT et présidente chez EnviroDev

    À titre de présidente, Bénédicte Hurlet a dirigé de nombreux mandats de réhabilitation de sites contaminés et de rapports d’évaluation environnementale de site (phases I à IV), d’étude géotechnique et de caractérisation des milieux humides. Professionnelle chevronnée en gestion environnementale et en réhabilitation de sites contaminés, Bénédicte possède une forte expérience au sein du ministère de la Défense nationale pour l’Armée canadienne dans la gestion des sites contaminés. Elle a participé à la réalisation de différentes réhabilitations sur des sites résidentiels, commerciaux et industriels. Détentrice d’un baccalauréat en sciences naturelles appliquées, complété par des certificats en géologie, planification territoriale et gestion des risques et en écologie, elle est également titulaire d’une maîtrise en gestion durable des ressources naturelles.
     

    Phase III et réhabilitation environnementale : faire le bon choix au bon moment

    La réalisation d’une Phase III avant d’entreprendre des travaux de réhabilitation environnementale présente de nombreux avantages. Cette étape fait suite à une Phase II au cours de laquelle une contamination a été mise en évidence, et vise à en délimiter plus précisément l’étendue, tant en profondeur qu’en superficie. 

    Lorsqu’un terrain s’avère contaminé, une meilleure connaissance de l’ampleur de la contamination avec une phase III permet de réduire les risques, notamment en établissant une estimation budgétaire plus juste des coûts de réhabilitation, ce qui est particulièrement pertinent dans un contexte d’achat.

    Toutefois, il peut s’avérer avantageux de procéder directement à la réhabilitation sans réaliser une Phase III dans certaines situations particulières, soit :

    1) Lorsque le site à l’étude est de faible étendue.
    Dans ce cas, les sondages réalisés lors de la Phase II peuvent être suffisamment rapprochés pour permettre une bonne compréhension de l’étendue de la contamination. Il est alors possible d’amorcer la réhabilitation en excavant les sols dans la périphérie immédiate des zones contaminées, tout en s’appuyant sur des indices visuels, olfactifs ou autres afin d’ajuster l’ampleur de l’excavation au besoin. Il demeure toutefois essentiel de prélever des échantillons aux limites de l’excavation afin de confirmer que le secteur a été adéquatement réhabilité. Cette option est davantage privilégiée lorsque vous êtes propriétaire du site, puisque la réhabilitation devra de toute façon être effectuée si l’achat est effectué avec un prêt.

    2) Lorsque le client est soumis à des contraintes de temps importantes.
    Dans un contexte d’urgence, il peut être nécessaire de procéder directement à la réhabilitation sans attendre la réalisation d’une Phase III. La démarche adoptée sera alors similaire à celle décrite précédemment, avec un suivi rigoureux effectué tout au long des travaux.

    Mis à part ces deux cas d’exception, il est généralement plus avantageux de réaliser une Phase III. Celle-ci permet d’évaluer avec plus de précision l’étendue réelle de la contamination et, par conséquent, d’estimer plus adéquatement les coûts associés à la réhabilitation. 

    Une connaissance plus détaillée du site facilite également la planification des travaux, notamment en ce qui concerne le choix de l’équipement, la mobilisation des ressources nécessaires et l’établissement d’un échéancier réaliste. Par ailleurs, si la nappe phréatique a été atteinte lors de la Phase II, l’installation de puits d’observation supplémentaires dans le cadre de la Phase III permet de déterminer le sens et la vitesse d’écoulement des eaux souterraines. Cette information est essentielle pour identifier les secteurs — ainsi que les propriétés voisines — les plus susceptibles d’avoir été affectés, et pour concentrer les efforts de réhabilitation là où ils sont les plus nécessaires.

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