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Êtes-vous un consommateur ou un investisseur ?

27 août, 2020   |   Par Félix Blanc

Êtes-vous du genre à vouloir sauver 1000$ en évitant de travailler avec un courtier immobilier, en évitant de consulter un fiscaliste, en évitant de suivre des formations ? Le meilleur moyen de perdre 10 000$, c’est de vouloir cheaper sur un 1000$. C’est l’un des pièges les plus récurrents chez les débutants en investissement immobilier : ils ont une mentalité de consommateur au lieu d’avoir une mentalité d’investisseur. Ce qui distingue l’investisseur du simple consommateur, c’est que l’investisseur a une vision de ses projets qui tient compte du temps, de ses compétences et du risque.

Dans le temps, un 1000$ bien investi paye bien plus qu’un 1000$ cheapé aujourd’hui sur quelque chose d’essentiel. Bien sûr, lorsqu’on débute, on peut avoir l’impression que les dépenses qui ne rapportent pas immédiatement et de manière tangible sont des dépenses qui nous éloignent de nos objectifs de croissance. Il faut faire très attention à cette mentalité. Imaginez par exemple que vous vous donniez l’objectif de voyager vers le nord : le meilleur moyen de vous y rendre ne serait pas de vous y diriger immédiatement en ligne droite et à pied. C’est possible que vous ayez à aller au sud chercher votre voiture, puis à l’ouest pour emprunter l’autoroute, sans que vous ne vous éloigniez pour autant de votre objectif, bien au contraire.

Être investisseur, c’est aussi apprendre à connaitre ses forces, les pousser plus loin, et déléguer les tâches dans lesquelles on est moins compétent. Bien sûr ça semble moins cher de refaire sa toiture soi-même, en suivant des vidéos DIY sur Youtube. Mais non seulement vous créeriez plus de valeur en réalisant les tâches qui sont dans vos cordes, mais en plus, à moyen terme ça risque de finir par vous couter le triple du prix que vous auriez payé initialement s’il y a un pépin et que quelqu’un doit repasser derrière vous par après.

Ce qui nous amène à la perception du risque. L’investisseur doit avoir l’humilité de réaliser que moins on connait quelque chose, moins on peut anticiper son déroulement dans le temps et plus il y a donc de risque d’imprévus. L’investisseur immobilier doit apprendre à gérer son risque. C’est impossible de l’éliminer en entier, cependant l’investisseur doit limiter la part d’inconnu à chaque projet, en s’entourant de professionnels, en déléguant des tâches et en s’éduquant. Ce faisant, lorsqu’il prend un risque, ce n’est jamais à l’aveuglette, il sait ce qu’il y a à perdre, à quel point c’est probable et il décide d’aller de l’avant de manière calculée, s’il juge que le jeu en vaut la chandelle.

Comme en construction, c’est la qualité et l’étendue de vos fondations qui délimiteront l’ampleur de ce que vous parviendrez à bâtir. Même si les fondations ne sont pas apparentes, inutile de rappeler à quel point elles sont essentielles. On peut dire la même chose de la mentalité d’investisseur : elle nous fait prendre des mesures qui, même si elles paraissent absurdes aux yeux de certains, finissent par distinguer les simples propriétaires de blocs des véritables investisseurs immobilier à succès.