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Le boom immobilier aide à soutenir une croissance annualisée de 5,6 % au Canada

3 juin 2021   |   Par Kadiatou Bah

L’économie canadienne a poursuivi sa reprise après les dommages causés par les verrouillages de la pandémie au premier trimestre de cette année. Cette stimulation est principalement conduite par une hausse dans la construction résidentielle.

Le produit intérieur brut a augmenté à un taux annualisé de 5,6% au cours de la période de trois mois précédents, après un rythme révisé de 9,3% à la fin de l’année dernière, selon un rapport publié mardi par Statistique Canada. C’est légèrement en dessous de la prévision à laquelle plusieurs économistes s’attendaient. L’investissement dans le logement a augmenté à un rythme annualisé de 43%, c’est de loin le principal moteur de croissance.

Les données montrent que le logement aide la puissance économique du pays en plus des restrictions destinées à freiner la propagation du coronavirus, offrant une certaine résilience au rebond. L’une des raisons d’être optimiste est que l’économie s’est redressée avec peu de soutien des consommateurs et des entreprises, qui se sont abstenus de dépenser pendant les premiers mois de l’année quand les restrictions sur les activités étaient présentes.

L’investissement résidentiel représente 8,6 % de l’économie canadienne, c’est un record.

« Il reste beaucoup de pouvoir d’achat », a déclaré Avery Shenfeld, Économiste en chef à la Banque Canadienne Impériale de Commerce, dans un rapport aux investisseurs.

Au total, les gains rapprochent l’économie d’une reprise complète. L’activité économique au début de l’année était de 1,7 % inférieure à ce qu’elle était de la fin 2019. 

Le dollar canadien a un peu monté son cours après la publication dudit rapport. Il était en hausse de 0,3 % à 1,2032 pour un dollar américain. Pour le seul mois de mars, l’économie a progressé de 1,1%, contre un gain de 1% attendu par les économistes.

Propriété et épargne

Le boom du logement a porté l’investissement résidentiel à 8,6% du PIB, le plus élevé jamais enregistré jusqu’en 1961. Les faibles taux hypothécaires combinés à plus de temps passé à la maison pendant la pandémie ont stimulé la demande de maisons et augmenté la construction, les rénovations et les reventes associées.

La consommation a également légèrement repris par rapport aux bas niveaux de la fin de l’an dernier. Les dépenses des ménages sont en hausse de 2,7% en rythme annualisé, contre 0,9% à la fin du quatrième trimestre. Le taux d’épargne des ménages a en effet augmenté à 13,1%, contre 11,9% à la fin de l’an dernier. Cela suggère que la demande refoulée pourrait augmenter pour stimuler une croissance démesurée plus tard dans l’année, espère-t-on.

Les entreprises ont réduit leurs dépenses en capital et leurs investissements dans les stocks, ce qui a été le principal frein à la croissance au premier trimestre de cette année.

La reprise a stagné en avril au milieu d’une nouvelle vague de blocages, selon des estimations préliminaires également publiées mardi. La production s’est contractée de 0,8% pendant ce mois, et les économistes s’attendent à une autre lecture faible pour mai après que les plus grandes provinces du pays ont fermé certaines parties de leurs économies pour lutter contre le virus.

Mais les économistes prévoient que le rythme de croissance reviendra au-dessus de 6% au second semestre 2021, les restrictions étant assouplies dans un contexte de taux de vaccination plus élevés, entraînant un retour des services fermés depuis des mois.

La hausse des prix des produits de base est non négligeable. Les données publiées mardi montrent qu’un rallye des matières premières a fait grimper les revenus en début d’année, ce qui est de bon augure pour la croissance future, y compris l’inflation, le PIB a déjà dépassé les niveaux d’avant la pandémie.

Le potentiel d’un rebond marqué incite déjà la Banque du Canada à réduire ses mesures de relance et à mettre en garde contre une hausse des taux d’intérêt. Les économistes s’attendent à une croissance saine de 6,2% pour l’ensemble de 2021, légèrement derrière une reprise américaine projetée à 6,5%. Les mois à venir paraissent donc prometteurs pour la reprise de l’économie.