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Le Canada verse la plus grande part des investissements dans le logement de tout L’OCDE

16 juin 2021   |   Par Kadiatou Bah

La frénésie canadienne face au logement consomme de plus en plus le capital du pays. Le Canada consacre désormais une part record du capital fixe brut à la construction de logements. Il est vraiment difficile d’évaluer ce constat sans regarder le reste du monde. La part de l’investissement consacrée à la construction de domicile fait passer la bulle américaine pour une mousse mineure. Le Canada dépense une plus grande part de son capital d’investissement dans le logement que n’importe quel autre pays de l’ensemble de l’OCDE et par une très grande marge notamment. 

La Formation Brute de Capital Fixe

Aujourd’hui, nous allons examiner la formation brute de capital fixe (FBCF) et le logement. La FBCF est un indicateur macroéconomique d’investissement. La description technique du forage est l’acquisition des actifs produits moins ceux cédés. De façon plus informelle, il s’agit d’un capital consacré à l’augmentation de la capacité d’une économie.

L’OCDE l’appelle simplement « investissement » dans nombre de ses rapports et la divise en cinq domaines. L’investissement résidentiel est l’un de ces domaines qui concernent principalement la construction de nouvelles maisons et des rénovations majeures. Il exclut le coût du terrain et ne concerne que les bâtiments réels. Cet indicateur a été l’un des plus gros avertissements pour la bulle immobilière américaine.

Une augmentation de la FBCF est toujours souhaitée, mais là où elle termine sa course peut être problématique. Si plus de capital est consacré à un seul segment, il vient réduire l’allocation à d’autres domaines. Si vous décidez entre démarrer une entreprise et acheter une nouvelle maison, les dépenses ne toucheront qu’un seul des deux domaines. Ceci est particulièrement dangereux lorsqu’il se dirige vers l’investissement résidentiel et le logement.

Plus de personnes sont exposées au logement qu’à tout autre actif. En conséquence, les gouvernements accordent la priorité aux investissements dans ce domaine. Ils ont également tendance à maintenir la tendance, créant un aléa moral et un risque accru. Cela menace de faire exploser toute l’économie si les seuls emplois se retrouvent dans l’immobilier. Il s’avère qu’il est extrêmement difficile de se vendre des maisons pendant de longues périodes.

La bulle immobilière américaine avant la Grande Récession est souvent l’exemple en termes de signal d’alarme. Durant leur bulle, les dépenses de logement sont passées de 20,5% de la FBCF en 2000 à 28,7% en 2005. Près d’un tiers du capital fixe a été consacré à la construction de logements neufs. Le reste de l’économie a perdu 8 points en investissement, les gens se concentrant sur le logement. En fin de compte, cela a conduit à une concentration d’activité dans un seul domaine, et le reste appartient désormais à l’histoire.

L’habitation au Canada consomme 37 % du capital d’investissement

Le Canada consacre une part épique de sa FBCF à l’investissement dans le logement, à des niveaux jamais vus. L’investissement résidentiel a consommé 37,2 % de la FBCF en 2020, en hausse de 11,4 % par rapport à 2019. En 2000, ce chiffre n’était que de 22,4 %, ce qui en fait maintenant 66,1 % de plus de l’investissement en capital fixe du pays. Un tiers de l’investissement économique sert uniquement à loger les personnes. Dire que c’est disproportionné par rapport à la taille de l’économie est peu dire.

La part des investissements consacrés au logement est inférieure de 40 % aux États-Unis

Les États-Unis ont également beaucoup investi dans le logement pendant la pandémie. L’investissement résidentiel a consommé 22,1% de la FBCF en 2020, en hausse de 22,8% par rapport à l’année précédente. C’est beaucoup plus bas que le pic de 2005 de 28,7 %, et juste quelques points de plus que les niveaux de 2000. En d’autres termes, l’économie connaît une croissance assez équilibrée sur le long terme. Même avec l’énorme coup de pouce de 2020, la part des investissements consacrée au logement est 40,6 % inférieure à celle du Canada. Cela donne un certain contexte quant à la différence entre le Canada et les États-Unis. Et qu’en est-il du reste du monde ?

Le Canada dépense la plus grande part pour le logement dans l’OCDE

Les données d’autres pays de l’OCDE soulignent l’ampleur de la « bulle immobilière » au Canada. Le Canada a la part la plus élevée de la FBCF consacrée au logement dans le groupe des 37 membres. Le pays suivant est l’Allemagne, et à 32,4 %, c’est près de 5 points de moins que la part du Canada. 

Même en dehors de l’OCDE, il est difficile de trouver un pays qui consacre une plus grande part du capital. L’Indonésie est le seul pays dont les données sont disponibles qui affiche 75,9% de sa FBCF consacrée au logement. Considérant qu’il s’agit d’un pays nouvellement industrialisé, avec une croissance annuelle du PIB supérieure à 5%, on s’entend que c’est une autre histoire. 

Les Canadiens consacrent plus du tiers du capital d’investissement du pays au logement. Ce n’est pas seulement inhabituel pour le Canada, c’est inhabituel pour n’importe quel pays développé dans le monde. Cela démontre que la pensée est qu’investir dans tout sauf dans le logement est une mauvaise utilisation du capital. Une grande partie de la population préfère dépenser de l’argent pour le logement que pour développer une entreprise. À qui le blâme ?

Pourquoi investirait-on du capital dans le démarrage d’une entreprise, alors que ce capital pourrait être consacré au logement ? C’est perçu comme à faible risque, car le gouvernement soutient et les gains sont libres d’impôt. Cela ressemble à un excellent plan, jusqu’à ce que vous commenciez à vous demander d’où viennent les emplois créés. Peut-être que tout le monde peut commencer à vendre des maisons.